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 On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.

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Neal Foster

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Messages : 22
Date d'inscription : 01/12/2009

MessageSujet: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Dim 6 Déc - 18:39


    Il y eut la nuit, puis il y eut le matin.
    Neal s’efforça pendant ses premiers cours d’étouffer les bâillements qui se succédaient dans sa mâchoire. Il était encore resté au laboratoire jusqu’à six heures du matin mais cette fois, il avait un plan. A cette idée, un sourire revint sur ses lèvres et son stylo accéléra sa course sur le papier froissé de son cahier. Il savait déjà la plupart des faits que les professeurs débitaient et il lui était arrivé plusieurs fois depuis le début du lycée de trouver en mathématiques et sciences des raisonnements logiques plus rapides que ceux créés par les grands penseurs des siècles passés. A chaque fois lors de ses prises de parole, il commençait par avoir ce regard fixe, déterminé, cherchant à prouver qu’il avait raison, puis la bulle éclatait, il revenait dans le monde et tentait de se faire le plus petit possible – pas à cause des ricanements de certains, plutôt parce que d’autres le fixaient avec une curiosité mêlée d’une pointe d’admiration.

    Son objectif, cependant, n’était pas de réformer les mathématiques, mais l’industrie : il voulait écraser les capsules de Bloody Claret, leur prix, les nombreuses pilules que les vampires devaient prendre par jour pour être satisfaits, les dealers, tout, et devenir une des nouvelles plus grandes figures nationales. Ou au moins du pensionnat. Mais pour de tels exploits, il fallait qu’il accompagne la théorie de pratique. Il avait confectionné de nombreuses capsules et autres substances étranges depuis le début de l’année mais n’avait pas encore trouvé quelqu’un sur qui voir les effets. Bien sûr, mettre cela dans le verre de quelqu’un était facile, lors de n’importe quelle soirée, mais après il fallait rester avec le vampire, où qu’il aille, pour étudier les symptômes. Difficile à faire, surtout pour quelqu’un qui a autant peur de cette espèce sombre et hostile.

    - Neal, seriez-vous capable de répéter ce que je viens de dire ?

    L’élève releva les yeux vers la professeur d’histoire, juchée sur son estrade les mains sur les hanches, avec ce regard courroucé qu’ont les quinquagénaires qui se sentent méprisés par l’adolescence. Il relut la dernière ligne du cours et déduisit ce qui logiquement suivait, à savoir que les paysans se révoltant progressivement dans l’ensemble de la France, ils avaient fini par être encadrés par des classes sociales plus aisées pour mener un véritable mouvement révolutionnaire qui allait bouleverser le système.

    Son interlocutrice n’avait pas exactement dit cela, bien sûr, mais que pouvait-elle répondre sinon que c’était juste ? Elle hésita entre le soupir, la punition et le simple acquiescement, et finit par opter pour cette option avant de se tourner vers les autres. Les professeurs avaient tendance à croire qu’il était arrogant ; il était rêveur, en fait, mais comment leur dire, comment le leur faire croire ? Peu importait, de toute façon. Tout ce qui importait, en ce jour prometteur, était Godric Welsh. A savoir le nouveau cobaye qu’il s’était trouvé : un adolescent suffisamment âgé pour supporter les effets secondaires de ses capsules, suffisamment opportuniste pour saisir une proposition assez alléchante, et suffisamment fou pour accepter de passer à travers des douleurs et une observation scientifique plutôt insistante. Aussi, quand la cloche sonna le repas de midi, Neal bondit hors de sa salle et se posta dans le couloir par lequel Godric devait passer – Neal étudiait toujours les situations minutieusement avant de se lancer dans quelconque plan. Et cela ne manqua pas. Il reconnut sa silhouette de loin, son air renfrogné, ses pensées uniquement tournées vers lui. Il s’éclaircit la voix puis avança droit vers lui : il valait mieux le prendre par surprise, et vite.

    - Salut, Welsh.

    Etait-ce véritablement la meilleure manière de l’aborder ? Peut-être pas, mais l’important était de produire un effet sur lui, de le pousser à s’intéresser pendant plus d’une demi seconde à un autre être humain que lui-même. Vite, la suite.

    - Il y a deux choses dont j’aimerais te parler. D’abord, j’ai une proposition à te faire ; mais ici n’est pas vraiment l’endroit approprié, tu vois ? Il y a un autre couloir là-bas, disons plus intime. J’ai l’habitude d’y passer le soir pour n’y croiser personne.

    Surplus d’informations inutile mais destiné à distraire la concentration de Godric pour qu’il accepte. Même si c’était uniquement pour se débarrasser de Neal, au moins cela donnerait quelques minutes à celui-ci pour s’expliquer. Et avec l’échange parfait qu’il avait consciencieusement préparé, il n’y avait pas de raisons que ça ne marche ; c’était plutôt le deuxième thème de conversation qui risquait d’être un peu plus ardu.
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Godric Welsh

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Lun 7 Déc - 20:54


    ‘Salut, Welsh.’

    L’apostropha une voix étrangère. Encore une mystérieuse et anonyme tierce personne qu’il s’appliquait d’ordinaire à ignorer. Le mouvement de ses jambes se freina automatiquement, et d’une progression machinale, Godric tendit la nuque avant de fixer son interlocuteur de ses pupilles inexpressives à la vision immodérée. Estimant le mortel pendant une fraction de seconde, le jeune homme statua sur un fait indéniable ; de sa vie il ne l’avait jamais rencontré. Recensant le moindre de ses traits avec une rapidité éclatante, ses convictions faiblirent, ce visage fin, ces cheveux en bataille, cette taille, l’être entier se retraçait finalement dans l’ensemble des centres nerveux de sa boîte crânienne ; en face de lui se tenait l’un des rebus du pensionnat. Se félicitant intérieurement d’une telle progression, le jeune homme ne chercha pas à se remémorer son nom, et de toute manière, il n’en eut pas le temps. Déjà, le scientifique reprenait :

    ‘Il y a deux choses dont j’aimerais te parler. D’abord, j’ai une proposition à te faire ; mais ici n’est pas vraiment l’endroit approprié, tu vois ? Il y a un autre couloir là-bas, disons plus intime. J’ai l’habitude d’y passer le soir pour n’y croiser personne.’

    Légèrement brusqué, Godric eut un geste distant, reculant d’un simple petit pas, comme cela lui arrivait souvent lorsqu’il ne métrisait pas précisément l’ensemble des événements. Le fait était qu’il détestait les surprises et autres coups de théâtre dont était agrémentée l’existence, mais il était dans le même temps quelqu’un de déconcertant, intéressé à ses heures perdues et largement investigateur, ce pourquoi, d’un hochement de tête solennel, il réagit :

    ‘Je ne vois pas ce qui nous pousserait à faire quoi que ce soit qui nécessite une quelconque intimité, mais les interruptions dans tes phrases me laisse presque croire que tu as quelque chose d’intéressant à proposer, de ce fait, je te suis… ‘

    Godric jouait le protagoniste détaché, usant de propos hautains et emplis de réserve, mais la réalité était toute autre, le laborantin le tenait à présent prisonnier comme on capture un insecte sous une tapette à mouche, ne permettant à son imagination de voir qu’une infime part de ce qui l’attendait sans lui permettre plus.
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Neal Foster

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Mar 8 Déc - 0:30

    - Je ne vois pas ce qui nous pousserait à faire quoi que ce soit qui nécessite une quelconque intimité, mais les interruptions dans tes phrases me laisse presque croire que tu as quelque chose d’intéressant à proposer, de ce fait, je te suis…

    La technique du suspense – en dire un peu mais surtout pas trop – avait donc bien fonctionné. Quand on savait si peu de choses sur quelqu’un, et qu’a priori cette personne en savait aussi peu sur soi, il valait mieux jouer la carte du mystère. Neal fit tout pour retenir le sourire qui brûlait d’apparaître sur ses lèvres et tout en indiquant d’un signe de tête la direction à Godric, il commença à marcher en analysant dans sa tête, réflexe de génie, les mots qui venaient d’être prononcés. Godric n’était pas habitué à l’intimité, ni à quelque type de relation que ce soit d’après sa façon de réagir ; il faudrait donc employer le plus d’objectivité possible, montrer tout de suite en quoi le marché était en son intérêt, ne pas introduire d’affectivité ou de sentiments quelconque. Ne pas parler de la peur qu’il avait des vampires depuis la mort de sa mère, par exemple, surtout pas. Plutôt dire qu’il faisait des recherches par ennui ou envie de la gloire. Bien, il était prêt.

    Le couloir était à demi plongé dans la pénombre et Neal se dit que c’était tant mieux : Godric semblant faire attention aux détails, mieux valait que le scientifique ne soit trahi par aucun détail sur son visage. Il ne sourit pas, ce n’était pas la peine, et se contenta de regarder son interlocuteur droit dans les yeux pour lui déclarer très sérieusement :

    - La deuxième chose dont je dois te parler dépend de la première, donc on va commencer par le début, si tu veux bien.

    Encore une fois, un détour pour distraire. Il fallait mettre toutes les chances de son côté. Dans son dos, Neal croisait les doigts pour que Godric accepte : beaucoup de sa réussite dépendait de cela.

    - On s’est croisé quelques fois ce dernier mois, le soir. Je sais, tu as dû oublier, et ce n’est pas grave, le sujet n’est pas là. J’ai simplement eu l’occasion d’observer, en tant que scientifique, et je ne le dirai à personne, rassure-toi, l’état de tes yeux et de ta peau ces quelques fois-là. Tu sais, le visage un peu blanc et les yeux plus rouges que d’ordinaire ? Ca pourrait être l’effet de n’importe quelle substance, j’en suis conscient, mais pour avoir étudié de très près le Bloody Claret, je crois que c’est cela que tu prends si souvent.

    Il prenait un risque et Godric comme lui en étaient conscients : ils étaient seuls, tous les deux, dans un couloir où Godric pourrait très facilement l’attaquer pour préserver son secret. Il était donc primordial qu’il expose très vite sa proposition pour ne pas que la situation tourne au cauchemar.

    - Attends, calme-toi. Je ne le dirai à personne, je te le promets. Et j’ai quelque chose à te proposer. Comme tu le sais, je suis un scientifique, je passe beaucoup de temps au laboratoire car je cherche à créer des pilules qui aient le même effet que le Bloody Claret mais qui soient moins coûteuses à produire et qui aient besoin d’être prises en moins grand nombre par les vampires. Une par jour, d’abord, puis une par semaine et puis une par mois ensuite ; de manière à ce que ça devienne un médicament de routine, plus efficace, plus agréable. Mais j’ai besoin de toi avant. Parce que tu es un vampire et que j’ai besoin de tester mes pilules sur quelqu’un comme toi. J’ai besoin de toi donc je n’ai aucune raison de te dénoncer, tu vois ?

    Un silence ; il reprit une bouffée d’oxygène – denrée qui commençait à devenir inexistante en son cours – puis poursuivit.

    - Et quelle raison tu as de ne pas me dévorer maintenant ? C’est simple. Tu paieras moins cher pour les mêmes avantages plus tard. Et je pensais, si ça t’intéresse, faire tous tes devoirs. Ca te laisse du temps pour faire ce que tu veux, comme tester les pilules. En plus, je t’ai déjà vu trembler et avoir des formes de crise, je suppose que ce n’est pas un problème d’argent mais plutôt que tu fais des essais sur ton corps. Et dans ce cas-là, les souffrances de mes pilules ne seront pas si lointaines, je pense, de ce que tu as déjà expérimenté.

    Enfin, Neal se tut ; se contenta de fixer Godric dans les yeux, sans ciller.
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Godric Welsh

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Mar 8 Déc - 16:27

    Le temps fut comme suspendu pendant quelques instants, durant lesquels Godric termina enfin l’examen de son interlocuteur. Lorsque celui-ci s’était détourné pour prendre la direction du couloir dont il avait fait allusion, Godric s’était empressé de le suivre, ses pas feutrés ne contrastant nullement avec son allure sombre et taciturne. Arrivés à un angle de mur, ils se dirigèrent vers une autre allée et évoluèrent finalement dans l’ombre, ce qui n’était pas pour déplaire au jeune homme. Et visiblement, ceci était l’effet recherché par le scientifique. Il distinguait les contours des objets à proximité, tels que quelques meubles anciens surmontés de tableaux immémoriaux et poussiéreux d’antédiluviens directeurs du pensionnat. Finalement, leurs pupilles se croisèrent, laissent lentement prendre conscience au jeune homme du sérieux de la situation qui jusqu’alors, lui avait échappé.

    ‘La deuxième chose dont je dois te parler dépend de la première, donc on va commencer par le début, si tu veux bien.’

    Godric y consentit silencieusement, devenant de plus en plus impatient d’entre la suite. Contrairement à ce qu’il laissait paraître, le vampire était dérouté de voir qu’une personne telle que ce garçon s’approche assez près de lui pour en plus, lui faire une proposition. D’ordinaire, les gens s’interrogeaient de loin à son propos, bloqués comme ils l’étaient face à sa physionomie aux accents féroces. Sans dire un mot, le jeune homme écouta la tirade de celui avec qui il entretenait une discussion, hochant la tête d’une manière grave de temps à autres, il retint une exclamation lorsque ce dernier se mit inventorier quelques unes de ses caractéristiques physiques.

    ‘Tu sais, le visage un peu blanc et les yeux plus rouges que d’ordinaire ? Ca pourrait être l’effet de n’importe quelle substance, j’en suis conscient, mais pour avoir étudié de très près le Bloody Claret, je crois que c’est cela que tu prends si souvent.’

    Godric n’avait jamais avoué haut et fort être un vampire. Il ne figurait pas sur les registres que se permettaient de faire certains élèves totalement dénués de bon sens, et ne désirait justement pas y être. Ce n’était pas exactement pour être l’heureux possesseur d’une aura de mystère autour de son être tout entier qu’il n’avait pas fait étalage de sa condition lorsque ses congénères s’étaient révélés en masse, mais plutôt parce qu’il ne voulait pas voir la différence entre humains et vampires. Les derniers avaient fait partie des premiers et les premiers, eux, pouvaient à n’importe quel moment faire partie des derniers si l’un d’entre eux jugeait ceci opportun. Scrutant son interlocuteur avec un intérêt renouvelé, Godric crut saisir une lueur alarmante dans ses prunelles. La hantise, l’inquiétude et l’épouvante, étaient trois choses qu’il appréciait à leur juste valeur. Son goût pour le tragique n’en était que plus éveillé. Ses yeux dévièrent une petite seconde à la base de la mâchoire inférieure du membre du trio des labos. Mais il se ressaisit bien vite, déconcentré par un nouveau flot de parole, et fort malheureusement conscient des interdictions qui lui pesaient sur les épaules. Dans des moments comme celui-ci, ses convictions selon lesquelles les humains se tenaient au même rang que les vampires perdaient de leur superbe.

    ‘Attends, calme-toi. Je ne le dirai à personne, je te le promets.’

    Comme demandé, le jeune homme se détendit. Accueillant les informations comme une multitude d’étrennes, ses épaules se relâchèrent progressivement tandis que le garçon énumérait avec fierté les effets et bénéfices de la nouvelle pilule qu’il souhaitait créer pour faire concurrence au Bloody Claret. Godric le trouvait chargé de rêves audacieux, mais ne lui en fit aucunement part, affichant à présent un demi-sourire amusé, qui s’élargit lorsqu’il l’entendit quémander son aide en ces termes :

    ‘J’ai besoin de toi donc je n’ai aucune raison de te dénoncer, tu vois ?’

    Prudence. Ménagement. Circonspection. Vigilance. Godric se noyait dans l’allégresse. Animé d’une certaine satisfaction, il attendit que le jeune homme prenne finalement ses précautions, commettant tout de même une faute, celle d’avoir remarqué l’état de manque dans lequel le vampire se mettait parfois, en quête de distraction. Son visage se ferma, pendant que le silence revenait, pesant après tant de temps passé à écouter.

    ‘Si je m’attendais à ça… Qu’est-ce que c’est ton nom, d’ailleurs ? Et pourquoi m’avoir choisi moi ? Il y a une multitude de vampires dans cette école, certains sont plus engageants que moi, et de loin, et d’autres encore aurait vu une magnifique aubaine de se faire des sous à travers cette idée là, et il a fallu que tu jettes ton dévolu sur un pauvre malade qui se sèvre de sang simplement pour ressentir des secousses au plus profond de ses os ? Tu es complètement désaxé.’

    Cette réplique sonna faux entre ses lèvres. Qui était réellement le désaxé, entre eux deux ?

    ‘… mais je vais te dire oui. Pas seulement parce que tu vas faire mes devoirs, parce qu’il est évident que je ne ferais pas ça sans un retour, mais parce que la scène qui se déroulera lorsque tes petits camarades se rendront compte que tu travailles en solo et dans leur dos qui plus est vaudra obligatoirement le détour. C’est bien ce que tu es en train de faire non, les trahir ?’

    Souffla Godric avant de croiser ses bras sur sa poitrine.

    ‘Tu vas croire que j’ai été facile à convaincre, mais je me réserve le droit de me rétracter quand bon me semble. Je ne suis pas un vulgaire rat de laboratoire, et je me fiche bien que tu dises à qui que ce soit combien mes canines sont longues, je te déconseille seulement de me faire des crasses.’

    Les motivations du gamin pouvaient être nombreuses, comme par exemple ; une folle envie d’éradiquer l’espèce des vampires de la surface terrestre. Godric était peut-être un peu paranoïaque, mais Dieu savait que ses doutes pouvaient facilement êtres comblés.

    ‘Je vais donc… tester tes expériences. Peux tu certifier qu’elles me feront seulement souffrir, sinon qu’elles ne me tueront pas ?’ Questionna-t-il avec une pointe de scepticisme dans la voix.
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Neal Foster

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Mer 9 Déc - 16:15

    Neal n’avait jamais été particulièrement apprécié. Cela avait des avantages et des inconvénients. L’inconvénient majeur était qu’il ne savait pas se comporter normalement face à des adolescents pleins de banalité et de bons sentiments. Mais l’avantage était qu’il avait toujours parlé avec des génies et que ses argumentations en étaient devenues de plus en plus élaborées. Et le deuxième avantage, bien sûr, était que Godric était tout sauf un adolescent banal. Il avait donc mis tout son brio et ses arguments dans ses mots, sans pouvoir retenir la lueur d’excitation qu’il y avait dans ses yeux à l’idée que le vampire accepte et que les expériences effectuées sur lui conduisent au triomphe et à la gloire. Quand il eut fini de parler, il retrouva son souffle et laissa le silence s’installer pendant quelques secondes, le temps que l’autre reprenne ses esprits, qu’il réagisse, qu’il atterrisse. Les doigts dans son dos s’étaient légèrement décroisés et il le fixait maintenant, écoutant les premiers mots avec un sourire qu’il avait du mal à dissimuler.

    - Tu es complètement désaxé.
    - Peut-être mais, vois-tu, tu ne manques pas de l’être aussi, et ainsi c’est beaucoup plus facile de t’aborder toi qu’un vampire qui s’amuse de sa popularité et de ses canines, les exhibe, et est en réalité plus douillet qu’une petite fille. Et je m’appelle Neal, au fait. Enchanté de te rencontrer, Godric Welsh.

    Il n’avait pu s’empêcher de souligner le déséquilibre qu’il y avait entre lui, qui disposait d’un nombre d’informations assez considérable sur Godric pour l’avoir observé et avoir réussi à piquer son dossier scolaire dans un bureau d’archives, et Godric, qui lui au contraire en était au stade du prénom. Cependant, il ne joua pas longtemps de cette supériorité car au fond elle était fictive, et il dépendant réellement de la réponse de son interlocuteur.

    - Je vais te dire oui.

    Cela lui coupa complètement le souffle. Il serra son poing derrière son dos pour ne pas que des larmes lui montent ridiculement aux yeux devant un être aussi froid et maîtrisé que Godric et pourtant il aurait aimé le prendre dans ses bras, crier victoire et courir tout nu dans les couloirs du pensionnat. D’accord, peut-être pas courir tout nu, mais définitivement les deux premières options. A la place, il serra son poing, donc, et continua à écouter. Il ferait bien ses devoirs, aucun problème. En revanche, la remarque sur les deux autres membres du club scientifique était un peu plus ardue à recevoir. Neal ne pouvait absolument pas se trahir, et surtout pas devant quelqu’un à qui il ne pouvait pas encore faire totalement confiance, et pourtant s’il lui mentait, l’autre s’en rendrait compte et se raidirait. Il fallait qu’il trouve un compromis.

    - Je ne sais pas si je parlerais de trahison, commença-t-il d’une voix mesurée. Disons que je mène quelques recherches personnelles pour le bien commun.

    C’était ridicule mais Godric comprendrait le message : il les trahissait et il ne fallait surtout pas le dire. Il reprit d’ailleurs sur autre chose et le soulagement emplit Neal, qui cependant ne détachait pas son écoute, très attentif à cette tirade, inattendue venant d’un adolescent aussi taciturne et solitaire ; peut-être était-il un peu émerveillé, au fond, de découvrir la personnalité d’un adolescent dont personne ne savait la vraie nature et face auquel il était à la fois très faible et très fort.

    - Tu vas croire que j’ai été facile à convaincre, mais je me réserve le droit de me rétracter quand bon me semble. Je ne suis pas un vulgaire rat de laboratoire, et je me fiche bien que tu dises à qui que ce soit combien mes canines sont longues, je te déconseille seulement de me faire des crasses.
    - Promis, rien de pas net, se dit-il tout en se demandant si le vampirisme et des capsules illégales étaient vraiment quelque chose de net. Le fait que tu sois un vampire n’est donc pas un secret ? Et oui, tu peux évidemment te rétracter quand tu le souhaites, mais en gardant toujours le secret de ce qu’il s’est passé entre nous.

    La phrase sonna étrangement et Neal fit une grimace involontaire avant de chasser cette pensée inutile de son esprit. La dernière question de Godric fit rire le scientifique. Il s’était retenu pendant tout l’entretien mais son état de bonheur profond ajouté à la conscience de son génie ne pouvaient que le faire rire à cet instant. Il écourta cependant sa bonne humeur et hocha une fois de la tête avant de dire simplement :

    - Je suis certain qu’elles ne te tueront pas. En revanche, je sais aussi que certaines des souffrances pourront être compliquées pour toi à traverser ; je te conseille de faire les premières prises en t’isolant, de manière à ne pas blesser d’autres personnes. Car elles peuvent avoir des effets encore très incertains : des délires hallucinatoires, comme le Bloody Claret pour les humains, des pertes de mémoire à très court terme, une impression d’ivresse profonde, une envie de sang, bref, pour le moment, l’incertitude. C’est pour cela que j’ai tant besoin de toi.

    Il n’avait pas mentionné la possibilité que Godric puisse se sentir poignardé dans chaque veine et chaque muscle, qu’il puisse avoir l’envie de se jeter d’une tour, et autres. Mais c’est pour cela qu’il ne serait jamais loin, protégé à cause de l’envie du sang éventuelle, mais jamais loin pour protéger Godric. Il fallait d’ailleurs qu’il le lui précise maintenant :

    - La deuxième chose dont je voulais te parler, c’était que je me disais que pour sceller cet engagement, on pouvait éventuellement faire un essai ce soir. Je suis obligé d’être relativement prêt de toi, pour vérifier que tu ne fais pas de bêtises : que tu n’attaques personne, que tu ne te suicides pas, et autres choses bien sympathiques. Mais nous serons séparés par une vitre. Euh, en d’autres termes, on sera dans le laboratoire.

    Il fit une légère grimace, attendant que Godric réalise que cela voulait dire qu’il serait enfermé pendant à peu près une ou deux heures derrière une vitre, à la merci de la volonté de Neal. Comment lui prouver qu’il pouvait lui faire confiance ? Il n’avait aucun moyen de cela, simplement l’espoir que le vampire s’y résoudrait et après la première expérience, n’aurait plus à se poser de questions sur le bien que lui voulait Neal.

    - Si jamais ce bref enfermement ne rebute pas trop, il faudrait que ce soit vers vingt-trois heures. Généralement, les deux autres vont se coucher à ce moment-là, jusque vers trois ou quatre heures, parce qu’ils préfèrent le travail matinal ; moi, c’est nettement la nuit qui me convient. Tu n’auras pas de problème pour la fatigue en cours demain ? Je sais que je t’en demande beaucoup.
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Godric Welsh

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Mer 23 Déc - 2:06

    ‘ Promis, rien de pas net. Le fait que tu sois un vampire n’est donc pas un secret ? Et oui, tu peux évidemment te rétracter quand tu le souhaites, mais en gardant toujours le secret de ce qu’il s’est passé entre nous.’

    ‘ Disons que je m’en fiche, de toute manière les gens auront toujours des doutes, puisqu’il est possible que je t’avoue à toi en être un et que je balance impunément demain à un autre que je suis parfaitement mortel. Tout ce qu’il y a de plus… inoffensif. ’

    Godric intercepta la grimace de Neal, mais avant qu’il ait pu ne serais-ce que se l’expliquer, le jeune homme partit d’un rire franc qu’il avait sans doute contenu depuis le début de leur entretien. Le vampire fit la moue, ses bras toujours croisés sur sa poitrine, il occulta volontairement le fait de faire officiellement sa promesse. Celle de toujours garder le secret de ce qu’il s’était passé entre eux. Il n’était pas insouciant au point de croire sur parole son jeune interlocuteur, et préférait avoir des armes en cas de nécessité. Cela dit, il n’avait pour l’instant nullement l’intention de lui faire du tord. Ses motivations lui semblaient fondées, et il avait l’air de s’être renseigné sur sa personne, ce qui flatta plus Godric que cela ne l’interloqua.

    ‘ Je suis certain qu’elles ne te tueront pas. En revanche, je sais aussi que certaines des souffrances pourront être compliquées pour toi à traverser…’

    En bon nombre d’années que Godric avait d’existence sur cette terre, il se dit qu’il avait du en voir des pires. Mais il avait bon nombre de fois appris à ses dépends que faire des conclusions trop hâtives pouvait gravement lui nuire.

    ‘ Car elles peuvent avoir des effets encore très incertains : des délires hallucinatoires, comme le Bloody Claret pour les humains, des pertes de mémoire à très court terme, une impression d’ivresse profonde, une envie de sang, bref, pour le moment, l’incertitude. C’est pour cela que j’ai tant besoin de toi. ’

    L’énumération des effets, constituant un joli panneau d’épreuves et de tortures hétérogènes, firent briller les yeux de Godric. Que Neal s’en aperçoive ou pas, qu’est-ce que cela pouvait lui faire ? Si l’on se fiait à ses précédentes hésitations, il était fort probable qu’il sache déjà à quel énergumène il avait affaire, et ne s’inquiète pas le moins du monde du fait qu’il puisse avoir peur, ou au contraire, être enchanté. Pour lui, il s’agissait d’une aubaine. Plus besoin de s’empêcher de prendre le Bloody Claret pour se sentir en vie, on lui offrait sur un plateau d’argent une activité quotidienne, rémunérée, en quelque sorte. Il décroisa ses bras, les laissant pendre une seconde le long de ses flancs avant de les glisser dans ses poches. Toujours à l’écoute de Neal, il fit imperceptiblement un pas de plus vers lui.

    ‘ La deuxième chose dont je voulais te parler, c’était que je me disais que pour sceller cet engagement, on pouvait éventuellement faire un essai ce soir. Je suis obligé d’être relativement prêt de toi, pour vérifier que tu ne fais pas de bêtises : que tu n’attaques personne, que tu ne te suicides pas, et autres choses bien sympathiques. Mais nous serons séparés par une vitre. Euh, en d’autres termes, on sera dans le laboratoire. ’

    Godric fit une grimace mi-dubitative, mi-intéressée. N’allez pas croire que Godric s’inquiétait de l’existence à préserver de son jeune camarade, mais il se voyait décidément très mal subir un quelconque trauma à seulement deux pas d’un être humain, potentiellement consommable. Effectivement, le jeune homme s’attachait aux choses superflues, alors qu’on lui annonçait qu’il allait être traité telle une marionnette, probablement pendant des heures, à exécuter des ordres, et à ne rien faire qui pourrait un tant soit peu mettre son camarade dans l’embarras. Cela était plus motivé par une envie de paraitre le plus rationnel possible que par la nette réalité. Godric avait une hantise : dépendre de quelqu’un. Mais il était lâche, et ses inquiétudes ne faisaient pas le poids contre ses désirs. Neal avait été chanceux, il avait sans doute jeté son dévolu sur la bonne personne.

    ‘ Si jamais ce bref enfermement ne rebute pas trop, il faudrait que ce soit vers vingt-trois heures. Généralement, les deux autres vont se coucher à ce moment-là, jusque vers trois ou quatre heures, parce qu’ils préfèrent le travail matinal ; moi, c’est nettement la nuit qui me convient. Tu n’auras pas de problème pour la fatigue en cours demain ? Je sais que je t’en demande beaucoup. ’

    Le vampire laissa planer un bref silence emplis de réflexions. Finalement, il pesait le pour et le contre. Il pourrait dire non. Continuer à laisser la routine s’instaurer, à faire des essais foireux sur sa pauvre personne meurtrie et jouir de faux espoirs. Ou alors, il pouvait dire oui. Et s’amuser bien plus que d’ordinaire. Un sourire triomphant illumina ses traits, rehaussant de manière machiavélique sa pommette droite. Ses paupières se plissèrent.

    ‘ Neal…Neal…Neal… Rendez-vous à vingt-trois heures, dans ce cas. ‘ Souffla-t-il en songeant qu’il ne s’amènerait pas avant minuit bien sonné.

    ‘ Ne t’inquiète pas pour mes cours. Tu m’en demandes beaucoup mais j’ai accepté. Maintenant que c’est fait je ne reviendrais pas sur ma parole. Je suis tout ce que tu veux sauf menteur. Quoi que… Bon, et ensuite ? Qu’est-ce que tu feras ? Tu me jetteras des gélules de ta composition par-dessous la vitre, et je devrais les prendre ? Puis te me regardera me tordre de douleur, hurler… sans rien faire ? ‘

    Acheva-t-il théâtralement, presque certain qu’il était impossible pour un être humain de sa tranche d’en regarder un autre souffrir sans lui venir en aide. Il sortit brusquement ses mains de ses poches et lui joignit à l’arrière de sa nuque, l’air hautain. Il serra les lèvres et fit claquer sa langue contre son palais. Peignant un masque indéchiffrable sur ses traits, le vampire s’avança encore, cette fois-ci sans le souci de se faire discret. Il posa l’une de ses mains sur l’épaule du jeune homme et fronça le nez.

    ‘ J’espère qu’aucun de nous n’aura à regretter cette alliance, Neal.’



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Neal Foster

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MessageSujet: Re: On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.   Jeu 24 Déc - 3:51

    Il était difficile de distinguer une journée banale d’une journée extraordinaire. Ce matin encore, le soleil s’était levé avec sa vitesse habituelle, ne laissant pas Neal profiter des quelques heures de sommeil de plus qui auraient balayé ses cernes. Il avait, comme d’habitude, dû réveiller son camarade de chambre, pour qu’il ne soit pas en retard en cours. Même alimentation matinale, même regard vitreux, même attitude en cours. Et pourtant, cette journée changeait drastiquement le cours de son existence. Elle scellait le passage de la théorie à la pratique, et ce avec un cobaye qui pouvait supporter quasiment toutes les douleurs et que le personnage de Neal ne rebutait pas trop. Tout cela était incroyable, impossible. Le cœur du scientifique battait. Fort.

    - Neal… Neal… Neal… Rendez-vous à vingt-trois heures dans ce cas.

    Déglutir. Il s’agit de respirer, bonhomme. Ce n’est pas parce que tu vas inventer la plus puissant pilule au monde que tu es invincible pour autant ; tu n’es pas un super héros, inspire, expire.

    - Ne t’inquiète pas pour mes cours. Tu m’en demandes beaucoup mais j’ai accepté. Maintenant que c’est fait je ne reviendrais pas sur ma parole. Je suis tout ce que tu veux sauf menteur. Quoi que… Bon, et ensuite ? Qu’est-ce que tu feras ? Tu me jetteras des gélules de ta composition par-dessous la vitre, et je devrais les prendre ? Puis te me regardera me tordre de douleur, hurler… sans rien faire ?
    - Pas exactement.

    Comme depuis le début de la conversation, l’adolescent s’efforça de ne pas prononcer les premiers mots qui lui venaient aux lèvres et de prendre le temps de penser à ce que sa réponse impliquait. Ce qu’il avait espéré était devenu vrai : Godric ne craignait pas la souffrance, il s’en amusait, jouait avec elle. Cela était un point extrêmement favorable à leur partenariat. Néanmoins, Neal ne tenait pas à passer pour ce qu’il n’était pas, pour un monstre insensible, l’image trop facile des scientifiques. Son regard ne quitta pas celui du vampire quand il répondit :

    - Je déposerai les gélules dans la pièce, de l’autre côté de la vitre, avant que tu n’y entres. Je fermerai à clé derrière toi, puis je passerai à l’observation. Si tu es dans la pièce et que tu ne veux plus prendre la gélule, il te suffira de lever la main droite et d’ouvrir et fermer la paume plusieurs fois de suite, je te laisserai sortir.

    Il semblait dire ces derniers mots avec regret et douleur. Il avait évité de parler frontalement des douleurs que Godric allait traverser et de ce que Neal allait faire pendant ce temps. De toute façon, le vampire ne tarderait pas à vivre tout cela. Ces pensées firent oublier un instant à Neal la situation dans laquelle il se trouvait présentement et il fut bien sûr pris à son propre piège : Godric s’approcha, et le scientifique sentit soudain ses mains, son souffle, sa présence, près, beaucoup trop près. Il s’efforça de maîtriser sa respiration, en vain. Heureusement, cependant, aucune autre manifestation de sa peur ne fut visible. Seulement le souffle.

    - J’espère qu’aucun de nous n’aura à regretter cette alliance, Neal.
    - Je te l’ai dit, Godric, répondit le scientifique en tentant de garder une voix neutre. Le mal sera supportable et il n’en résultera que du bien. Je –

    Plus possible. Neal se détacha de l’étreinte, s’éloignant de cette présence trop dangereuse, trop effrayante. Intérieurement énervé d’avoir révélé sa hantise secrète des créatures de son espèce, il prit cependant une grande bouffée d’oxygène, ne pensant plus qu’à sortir de ce couloir. Il hocha une fois de la tête.

    - A ce soir.

    Et partit à grandes enjambées vers la lumière. Reprendre son souffle, surtout. Car seulement une vérité importait désormais : il était vivant.
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On fraye avec l'ennemi, Foster ? - PV.
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