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 say something say anything - Layla

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AuteurMessage
Scottie Carraway

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Messages : 11
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: say something say anything - Layla   Dim 6 Déc - 21:29

Début octobre, la fin d’après midi pointait le bout de son nez, et l’heure du couvre feu avec elle. Les nuages avaient crachouillés toute la journée sans prendre un répit pour se rafraichir, obligeant par la même occasion Scottie à se mouvoir avec un parapluie à poissons au bras droit. Elle l’avait eu gratuitement dans une poissonnerie et elle prenait un certain plaisir à faire de la publicité pour les carpes. Il est certes vrai qu’elle ne se serait pas de refus muni d’un vrai parapluie qui n’avait pas de trou ni de poisson. Cependant Layla ayant embarqué, sans demander l’avis de tout un chacun, le seul parapluie en bon état, la jeune Carraway n’avait pas vraiment eu le choix.
Et croyez vous qu’elle allait gâcher les trois sous qu’elle avait en poche pour ça ? Que nenni, elle préférait volontiers acheter un périodique à polémique, à défaut de rassembler les foules avec celui dont elle s’occupait. D’ailleurs, quelle tristesse d’observer le désintérêt des jeunes de nos jours. Scottie avait beau aborder des sujets qui étaient censés toucher tout le monde, peu se reconnaissait dans les petits afghan. Quelle tristesse vous dis-je. Elle avait même pensé, à un moment de désespoir total, à faire un sujet sur les nouvelles stars à la mode sortant de films américain dégoulinant de mièvrerie et de clin d’œil sexuels très très implicites. Court moment de désespoir, heureusement.
Elle s’assit sur un banc absolument dégueulasse, cala son parapluie dans un coin, et en quelques secondes sorti son portable datant sans doute de l’air préhistorique pour envoyer un message à Layla Flann. Elle fit ça avec une rapidité caractéristique des jeunes du XXIème siècle, si bien qu’une vieille femme lui lança un petit regard envieux.

« Flann. Ramène ta fraise sinon je me venge. Et crois bien que je saurais trouver un moyen efficace de te rendre la pareille. »


Petit sourire compatissant à la vieille. Un peu plus et Scottie se serait proposée de lui apprendre à se servir de son portable, mais à tout les coups elle allait lui sortir le refrain habituel à savoir j’aimerais tant discuter avec mon petit fils, voyez vous, il ne me parle plus trop, il préfère forniquer blah blah. Et très peu pour elle. Carraway sorti un paquet de cigarette pour en faufiler une entre ses lèvres. Comment ça les cigarettes c’est has been ? Bloody Claret ? T’as vu ma tronche mec ?

« Oui ? » Marmonna Scottie en direction de la vieille dame. En effet, celle-ci la fixait depuis au moins 5 bonnes minutes de ses petits yeux gris. A mieux la regarder, elle avait un regard plein de malice, quand bien même cette dernière dose d’enfance contrastait atrocement avec son visage détruit par les rides, les boursouflures. A l’interrogation de Scottie, la vieille dame se contenta d’esquisser un sourire, étirant ses lèvres ridées en un seul et même traie. Devant l’air interloqué de la jeune fille, elle sorti avec sa main digne d’une momie et habillée d’énormes bagues dont les doigts maigres devaient à peine supporter le poids, deux gélules.

« Aimez-vous les bonbons, jeune fille ? »
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Layla Flann

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Messages : 39
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: say something say anything - Layla   Mer 23 Déc - 23:11

    Fille superficielle au possible, Layla, qui était censée accompagner Scottie - sa meilleure amie - dans ses tergiversations, venait pourtant de la planter pour se livrer à une activité nettement plus spirituelle : faire les boutiques. Difficiles d'en trouver à Kentstown, je vous l'accorde, d'autant plus que l'heure de fermeture approchait à grands pas. La jeune femme terminait sa quête du Graal chez Alfie's, un vieux magasin minuscule et poussiéreux, tenu par deux momies/mamies (rayez la mention inutile). Ces dernières étaient de vieilles jumelles septuagénaires au crâne dégarni (oui, oui, ce détail me semblait essentiel), et le seuil de la sénilité avait été franchi depuis bien longtemps. Cette mercerie figurait sur le testament que leur avaient laissé leurs parents, un demi siècle auparavant. A l'intérieur, s'entassaient des patrons, des kilomètres et des kilomètres de rouleaux de tissus, et les deux zombies - toujours habillées sur leur trente-et-un, malgré leur décrépitude.
    Faute de vraies boutiques, qui aurait pu contenir de vrais vêtements, Flann avait opté pour le home-made depuis arrivée à Queensberry. Quand elle ne sortait pas et cessait toute activité scolaire, elle passait une grande partie de son temps derrière une machine à coudre. De longs mois s'étaient révélés nécessaires avant de pouvoir porter ses propres confections ; disons que ses premières créations ressemblaient plus à des sacs à patate en toile.

    « Ce sera tout, jeune fille ? Vous n'avez besoin de rien ? »
    Absorbée par la contemplation de la boutique, Layla mit quelques secondes à réaliser qu'une des deux petites vieilles - la plus rabougrie en réalité - s'adressait à elle et attendait une réponse.

    « Quoi ? » demanda l'élève, en attrapant le sac en plastique qu'on lui tendait.

    « Palsambleu ! On ne dit pas "quoi", on dit "comment", malefille »
    La deuxième momie s'était réveillée, toujours assise sur sa chaise, jetant un regard désespéré en direction de la cliente. « Votre génération n'a plus usance de la politesse »
    D'accord, sympa. Et niveau vieille fille qui a déjà un pied dans la tombe et qui ronchonne, ça se passe comment ?

    « Renee » gronda l'autre sœur, celle qui était derrière la caisse.

    « Non, ça ira, merci » siffla Layla qui s'empressait de prendre ses jambes à son cou, histoire de déguerpir le plus vite possible d'ici.

    Depuis plus d'un an et demi, la pensionnaire de Queensberry vivait encore et encore le même cauchemar dès qu'elle osait poser un pied chez les sœurs Alfie, aigries dès leur naissance. Une nouvelle fois, Layla décida d'effacer cette horrible scène de sa mémoire et entreprit de chercher son téléphone portable. Elle n'avait pas souvenir de l'avoir fourré dans son sac avant de partir pour Kentstown, à tous les coups, elle l'avait laissé dans sa chambre. Flûte. Retrouver Scottie, même James Bond n'aurait pas tenté le coup. Sans cette petite merveille de la technologie, il s'avérait difficile de savoir si sa camarade était sur le chemin du retour, ou traînait encore dans les rues sordides du village. Layla pestait à voix basse, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Longeant une ruelle, elle finit par déboucher sur une des artères principales de la bourgade, observant avec attention les passants, à la recherche d'un visage familier. Avec un peu de chance, elle tomberait sur Scottie.

    L'heure du couvre-feu approchait. Elle se donnait encore dix minutes pour retrouver Carraway et si, par malheur, cette dernière restait introuvable, elle rentrerait au pensionnat. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, elle arriva sur la place principale de Kentstown et, à son grand soulagement, son amie était étalée telle une larve sur un des bancs. Cependant, elle n'était pas seule. Véritable aimant à boulets et cas sociaux, cette fois ci, elle semblait avoir écopé d'une petite grand-mère au dos vouté. Layla s'approcha, sans faire de bruit, et prit place aux côtés de Scottie.

    A la vue du visage de la momie, elle réprima son envie d'hurler. La petite vieille ressemblait comme deux gouttes d'eau à celles que Layla venait de quitter chez Alfie's. Les yeux écarquillés, elle observait avec attention l'inconnue, à l'air malicieux. La ressemblance était frappante, mais la septuagénaire ne cilla même pas à la vue de la nouvelle arrivante. La main toujours tendue, elle réitéra la question, qu'elle avait déjà posé à Scottie quelques secondes avant.

    « Aimez-vous les bonbons, jeunes filles ? »

    Quelle étrange question pensa Layla, avant d'échanger un regard à la fois intrigué et surpris avec sa camarade. Leur curiosité était piquée à vif, et leur gout commun pour l'inconnu risquait de leur couter très cher. L'anglaise scruta attentivement les fameux bonbons : rien à voir avec les friandises qu'elle mangeait pendant son enfance. Rien à voir non plus avec des gélules de Bloody Claret, d'ailleurs. Flann en avait pris des vingtaines de fois, et pouvait mettre sa main à couper qu'elles n'étaient pas de la même couleur.
    C'était assez curieux, depuis quand des mamies essayaient d'appâter des mineurs avec des bonbons ? Elle leur tendait certainement un piège mais, les deux élèves auraient pu lui poser une centaine de questions, Layla était persuadée que la petite vieille serait restée muette, avec le même sourire.

    La tentation se faisait trop forte, et depuis un certain temps, leur quotidien était devenu monotone et ennuyeux. Après de longues minutes de silence, Flann pointa du doigt la main de l'inconnue.

    « Qu'est-ce que vous voulez en échange ? » demanda-t-elle en se levant du banc.
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